Yvan Campbell, M.Sc. CSCS
À l’heure actuelle, il semble que la force déployée dans les activités soit un important facteur de risque de l’épicondylite. Lorsque la force est associée aux autres facteurs (répétition et posture contraignante), le risque de lésion serait augmenté. Une activité effectuée en quantité excessive (surutilisation) et en qualité inadéquate (ex.: matériel inadapté) peut donc prédisposer les individus à l’épicondylite.
L’épicondylite est une blessure de surcharge des muscles extenseurs du poignet (ceux qui servent à déplier les doigts et à monter le poignet vers le haut). Selon les données scientifiques les plus récentes, la lésion se situe principalement à la jonction du tendon (prolongement du muscle qui le relie à l’os).
Au niveau du coude et plus précisément de l’épicondyle se trouvent l’insertion proximale du 2° radial et l’insertion de l’extenseur commun des doigts : cela s’appelle le tendon commun des épicondyliens.
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Source: Raffle, Adams & Baxter (1994)
La surcharge résulte du déséquilibre entre la sollicitation de ces muscles et la capacité de régénération de l’organisme humain. Normalement des cellules spécialisées, les fibroblastes, sont chargées de réparer les microdéchirures qui sont la conséquence normale de tout travail musculaire. Par contre, lorsque la capacité de réparation de ces cellules est dépassée et que l’utilisation du muscle et du tendon perdure, la blessure devient de plus en plus importante et le complexe muscle-tendon devient de moins en moins capable de soutenir la demande de travail physique.
De plus, le manque de repos (par un manque d’heures de sommeil par exemple), ou une réduction de l’efficience cardiovasculaire (facteur déterminant de la capacité de récupération d’un individu) peut augmenter le déséquilibre utilisation – récupération.
Lorsque la condition devient chronique, cette inflammation fait place à un processus dégénératif où l’on observe de plus en plus la présence de tissus cicatriciel (fibrose) dans le tendon. De plus, le muscle devient de moins en moins fonctionnel et la qualité de vie est affectée de façon plus ou moins importante.
Traitements
Les conclusions de la thèse de Mme Quan Nha Hong, qui vient de compléter sa maîtrise en sciences cliniques à l’Université de Sherbrooke, soutiennent que les exercices de renforcement et d’étirement des muscles et des tendons affectés par l’épicondylite sont un des trois traitements dont l’efficacité a été démontrée scientifiquement. Les deux autres traitements sont l’acupuncture et la thérapie par onde de choc.
En réadaptation, les exercices de renforcement sont utilisés pour augmenter les capacités des muscles extenseurs du poignet de sorte que les activités exécutées (sports, travail et activités de la vie quotidienne) deviennent relativement moins exigeantes.
De plus, certains cliniciens émettent l’hypothèse que l’exercice augmenterait la capacité de régénération des muscles en induisant des changements physiologiques localisés, telle une augmentation des vaisseaux sanguins nourrissant les muscles.
Finalement, l’entraînement cardiovasculaire optimiserait encore plus cette capacité de régénération. Par le passé, on a souvent délaissé l’entraînement cardiovasculaire au profit d’exercices localisés strictement au site de la lésion. De plus, à la suite d’essais cliniques anecdotiques, plusieurs cliniciens croient que l’entraînement de la fonction cardiovasculaire agit non seulement sur la capacité de régénération des muscles, mais aussi sur l’intensité de la douleur.
Référence :
http://www.hellodocteur.com/epicondylite.html
http://www.abacom.com/~cttae/LATR/Epicondylite.html
http://www.medicalmultimediagroup.com/pated/ctd/lepi/lepi.html
Résumé :
Communément appelé ” tennis elbow “, l’épicondylite est caractérisée par une douleur localisée à la face externe du coude et accentuée lorsque l’on manipule un objet et que l’on doit utiliser la force des doigts et/ou du poignet. Les conclusions de la thèse de Mme Quan Nha Hong soutiennent que les exercices de renforcement et d’étirement des muscles et des tendons affectés par l’épicondylite sont un des trois traitements dont l’efficacité a été démontrée scientifiquement.
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